Épuisé

« C’est toi qui a accouché dans le corridor ? »

Publié par Gabrielle Tardif le

Aujourd’hui j’ai envie de vous raconter mon dernier accouchement, celui qui s’est passé il y a exactement un an et qui, en plus, sera probablement mon dernier. Aujourd’hui, Kai a un an et son papa Marco et moi sommes incroyablement reconnaissants qu’il soit dans nos vie, contents qu’il soit un petit frère « tornade » à notre doux Mateo de 5 ans (ce dernier est tout de même très « moteur »). J’ai eu 4 grossesses dont un qui s'est terminé en curetage d’urgence, une fausse-couche naturelle et 2 beaux bébés à terme. Et malgré que mes fausses-couches fassent partie de qui je suis aujourd’hui et que j’aie énormément d’amour pour mes deux anges, je voulais vous parler de l’accouchement de Kai avec humour et, pour ma part, un peu de nostalgie.

 Parce qu’on « accouche vite dans la famille », cette histoire sera courte, j’y vais donc de manière chronologique, littéralement :

 7.30 : Je me réveille en sentant que j’aurai des contractions bientôt… alors je me prépare un café au lait. Les contractions commencent mais sont fortes, je passe à la baignoire de suite et j’appelle mes parents pour venir s’occuper de Mateo.

 

8 :00 Mes contractions sont à la minute. Je demande à Marco de vérifier où sont rendus mes (!!!##$!) parents et d’appeler l’hôpital pour les prévenir que j’arrive. Mes parents on dû faire des détours compte tenu des travaux (ce qui est FULL surprenant pour Montréal...)

 

8 : 30 : Mes contractions pour pousser commencent (je crie dis à Marco d’appeler l’ambulance, j’aimerais bien que mon accouchement à la maison soit accompagné par des ambulanciers, tsé comme dans les films). On commence à « coacher » Marco au téléphone pour qu’il m’aide à accoucher.

 

8 : 42 : Je suis contente que les paramédics soient arrivés et mes parents arrivent d’ailleurs presqu’en même temps. Marco pourrait pleurer de joie en remettant le téléphone à ma mère. Mais les ambulanciers sont pris au dépourvu. Comment ça que j’accouche ? Qu’est-ce que je fais dans le bain ? Pourquoi je suis à poil ? Entre deux contractions pour pousser, je passe, contre mon gré, au lit pour mon accouchement à la maison. Ça devient de plus en plus difficile de me retenir de pousser.

 

8 : 53 : Les ambulanciers ne demandent pas de serviettes propres à Marco, genre comme dans les mises en scènes qu’on voit à la télé; ils ont plutôt décidé que la seule option c’était l’hôpital. Entre deux contractions pour pousser et devant la crowd du resto d’en face, j’embarque dans l’ambulance en robe de chambre (aucun vêtement, ni chaussures). Dans l’ambulance, je ne m’en peux plus de retenir de pousser. En quelques poussées, la tête de bébé est visible. Kai est encore dans son sac amniotique; paraît-il que c’est « spécial » à voir. Pendant la ride, Marco ne sachant pas quoi faire, m’offre ma playlist (qui a été refusée) et pour ce qui est des ambulanciers c’est du :

  • T’as appelé ? (ambulancier m’accompagnant)
  • Oui, ils nous attendent ! (ambulancier qui conduit)
  • Je vois la tête ! On arrive dans combien de temps ?
  • Dans 5 minutes ! On va arriver à temps ?
  • J’sais pas !
  • Maintenant on arrive dans combien de temps ?
  • 2 minutes. On arrivera à temps ?
  • Euh, j’pense que oui.

 

9 : 08-9 :11 : À l’arrivée à l’hôpital les paramédics de l’urgence sont surpris de ce qu’ils voient (le bout de tête de bébé Kai dans son sac amniotique), les quatre hommes me poussent sur la civière en courant dans l’hôpital vers la maternité.

Comme je suis assez vocale, on m’entend arriver, ce qui fait en sorte que la dame de la boutique-cadeau m’offre ensuite de petites mitaines car elle m’a vue/entendue et trouvait que j’avais « travaillé fort ».

 

9 :11 La tête de Kai sort lorsqu’en route vers la maternité et je pousse ses épaules en entrant dans le corridor de la maternité. Plusieurs parents + personnel médical ont eu la chance d’assister au miracle de sa naissance (quoique malgré les efforts des paramédics de me couvrir le plus possible avec ma robe de chambre et un drap que j’enlevais).

 

9 : 15 : Je rencontre la gynécologue en service et j’accouche de mon placenta dans une chambre.

9 :30 : Les ambulanciers viennent me faire remplir des papiers et décident de rester un peu histoire de se remettre de leurs émotions.* Moi entre-temps, je gère une petite hémorragie due à la vitesse d’accouchement en dessous de mes draps et j’allaite.

 10 : 30 : Mateo vient rencontrer son petit frère. Ah ! Une histoire d’amour et de chamaillage qui débute !

Les prochaines 22.5 heures : Je suis la talk du breakroom de la maternité, la star qui a accouché dans le corridor; chaque nouveau médecin ou infirmière me demandant : « C’est toi qui a accouché dans le corridor ? »

C’est bizarre de penser que ça fait déjà un an. Un an très spécial compte tenu des événements dans le monde, du contexte pandémie mais aussi un an super spécial à apprendre à connaître notre petit dernier et à voir évoluer la belle relation avec son frère aîné.

Maintenant il ne reste plus qu’à te souhaiter bonne fête petit koala d’amour, merci de faire partie de notre famille !

 

 

* Contrairement à ce que j'aurais cru, les ambulanciers n’ont pas nécessairement beaucoup d'expérience avec les accouchements (pour le plus sénior ça faisait 25 ans et c’était le premier pour l’autre).

 

N.B. : Si vous étiez présents à l’hôpital Lasalle le 15 septembre 2019 à 9.11, c’est moi que vous entendiez.

 

 

 

 

 

 

 


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